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24 avril 2018 - Mis à jour le 25 avril 2018

Deux journalistes italiens agressés pour avoir posé des questions

Capture d'écran de l'émission "Non e l'arena" sur La7
Dans deux incidents séparés, un ex-ministre et un entrepreneur ont évité de répondre aux questions embarrassantes des journalistes en ayant recours à la violence. RSF condamne ces comportements inadmissibles et compte sur les autorités italiennes pour réagir.

Poser une simple question sur la rémunération par l’Etat des anciens députés au Parlement italien peut s’avérer dangereux. Le journaliste de la chaîne de télévision La7, Daniele Lupo, en a fait l’amère expérience jeudi 19 avril : plutôt que de répondre à ses questions, l’ancien ministre de la Communication sous le gouvernement de Silvio Berlusconi entre 2005 et 2006, Mario Landolfi a soudainement et violemment giflé le journaliste, avant de s’excuser lors d’une émission à la télévision italienne, sans pour autant justifier son geste.

Montrer une photographie peut-être tout aussi risqué. Un journaliste travaillant pour l’émission Report diffusée par la chaîne publique Rai 3, Giorgio Mottola, a été agressé le même jour à Ostia, une ville côtière près de Rome. Il venait de montrer au dirigeant de Federbalneari, l’association nationale des entreprises du secteur balnéaire, une photographie illustrant des projets de construction à Ostia soupçonnés d’être illégaux. Ce dernier a réagi en tentant d’écraser le papier sur lequel se trouvait la photographie contre le visage du journaliste.


Ces agressions rappellent de façon inquiétante que l’hostilité et le mépris entretenus contre les journalistes favorise dangereusement le passage à l’acte, constate Reporters sans frontières. Répondre par la violence à de simples questions de journalistes est tout simplement inadmissible et indigne de responsables politiques et économiques d'un Etat démocratique. Nous appelons les autorités italiennes à réagir au plus vite pour ne pas laisser ce genre d’agression impunie, ce qui ne ferait qu’encourager encore ce type de violence.”


L’Italie qui occupe la 52e place au Classement de la liberté de la presse de RSF est un des pays les plus dangereux de l’Union européenne pour les médias: enquêter sur un réseau mafieux ou un gang criminel fait souvent peser des risques mortels sur les journalistes.