Actualités

24 octobre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Deux journalistes interdits de sortie du territoire


Le 23 octobre, Ali Amar et Mouaad Rhandy, du Journal hebdomadaire ont été retenus trois heures au poste frontière de Ceuta (enclave espagnole au nord du Maroc) par la police marocaine. Ils ont été interrogés par des agents de la Direction de la surveillance du territoire (DST) sur une enquête qu'avait publiée le Journal hebdomadaire dans son dernier numéro. Les deux journalistes ont été informés qu'ils étaient interdits de sortie du territoire. " Il semble que les vieux réflexes ont encore la vie dure dans le royaume. Notre organisation demande au nouveau Premier ministre, Driss Jettou, de veiller à ce que ce genre de pratiques ne se renouvellent pas. Si certains responsables ont quelque chose à reprocher à ces journalistes, qu'ils suivent la procédure habituelle ", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. Le 24 septembre, à la veille des élections législatives marocaines, Reporters sans frontières avait demandé aux candidats de s'engager à agir en faveur de la liberté d'expression au Maroc. Le 19 octobre, Ali Amar et Mouaad Rhandy, respectivement directeur général et journaliste du Journal hebdomadaire, avaient publié une interview de Moulay Zine Zahidi, l'ancien directeur du Crédit Immobilier et hôtelier (CIH), aujourd'hui en cavale. L'entretien contenait des révélations concernant la gestion du CIH qui avait déjà fait l'objet d'une enquête parlementaire et qui impliquait plusieurs personnalités politiques. Après avoir été interpellés, les deux journalistes ont été conduits dans un bureau de la police judiciaire où on leur a simplement remis une convocation dans le cadre de l'affaire Zahidi. Ils ont ensuite été interrogés par des membres de la DST sur cette même affaire. " Notre véhicule a été fouillé de fond en comble. Ils ont arraché les sièges et nous ont pris nos téléphones portables, nos documents et appareil photo ", a déclaré Ali Amar à Reporters sans frontières. Pour Aboubakr Jamai, directeur de publication du journal : " Cet interrogatoire par des membres de la DST est scandaleux. Il aurait dû s'inscrire dans le cadre d'une instruction. "