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1 mai 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Deux journalistes d’investigation inquiétés par la police spéciale lettone


La police spéciale lettone a auditionné deux journalistes du portail d’information Pietiek.com. L’un d’eux est suspecté dans une affaire de fuites d’information.
Les journalistes Agnese Margēviča et Lato Lapsa ont été entendus mercredi 29 avril 2015 dans deux affaires différentes par une branche de la police lettone spécialisée dans la défense de la sécurité nationale. Ils sont inquiétés pour avoir publié des informations classifiées. Agnese Margēviča, figure du journalisme d’investigation en Lettonie et cofondatrice de Pietiek.com, site réputé pour la qualité de ses articles et ses investigations poussées, a été entendue dans les locaux de la Drošības Policija, un service de police spécialisé dans la défense de la sécurité nationale. Après une audition de deux heures, mercredi, les enquêteurs n’ont pas procédé à une arrestation ni ouvert de procédure à l’encontre de la journaliste. Son audition portait sur un article du 7 avril traitant d’une privatisation bancaire frauduleuse, qu’elle avait signé pour le grand quotidien Diena. En revanche, l’autre cofondateur de Pietiek.com, Lato Lapsa, est bien considéré par la police comme suspect. Gardé à vue pendant quelques heures mercredi, il n’en est pas à sa première confrontation avec la Drošības Policija. Il semblerait que l’accusation portée à son encontre soit liée à une affaire de corruption remontant à quelques années : Lapsa a publié il y a deux ans des documents révélés par un homme d’affaire accusé de corruption par le Bureau de prévention et de lutte contre la corruption (KNAB), à tort. Le journaliste a annoncé lors d’une conférence de presse jeudi 30 avril qu’il s’attendait à être mis en examen sous peu. “La police lettone doit prendre en compte la spécificité du travail des journalistes, qui oeuvrent dans l’intérêt du public. Le droit à l’information, pilier de la démocratie, doit primer, rappelle Lucie Morillon, directrice des programmes de Reporters sans frontières. C’est d’autant plus vrai que les informations qui valent des poursuites à Lato Lapsa ont été publiées de longue date et par d’autres journalistes, poursuit Lucie Morillon. Eux, n’ont jamais été inquiétés. C’est la preuve que le journaliste est victime d’un harcèlement policier pour l’ensemble de son travail d’investigation. Nous demandons que les investigations contre Lato Lapsa et Agnese Margēviča cessent immédiatement”. La Lettonie figure à la 28ème position sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 publié par Reporters sans frontières.