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27 décembre 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Deux journalistes de New TV et leur chauffeur arrêtés en marge de l'enquête sur l'assassinat de Rafiq Hariri


Reporters sans frontières condamne l'arrestation et le maintien en détention de Firas Hatoum, Abdel-Azim Khayat, respectivement journaliste et cameraman de la chaîne satellitaire New TV, et de leur chauffeur Mohammed Barbar. Tous trois ont été interpellés le 19 décembre 2006 pour s'être introduits dans l'appartement d'un témoin à charge dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafiq Hariri. “Nous déplorons les méthodes utilisées par les autorités libanaises qui maintiennent en détention deux professionnels de l'information et leur assistant alors qu'ils ne constituent pas une menace et devraient comparaître libres pour répondre aux accusations portées à leur encontre. La réaction du procureur est tout à fait disproportionnée et laisse penser que les journalistes de New TV sont au coeur d'une manipulation politique qui profite du flou juridique du statut des professionnels des médias de l'audiovisuel”, a déclaré l'organisation. “Nous appelons les autorités judiciaires à considérer cette affaire comme un délit de presse et à la juger en vertu de code de la presse. Nous demandons également la mise en liberté provisoire dans les plus brefs délais des deux journalistes et leur assistant qui ont déjà passé plus d'une semaine en détention”, a ajouté Reporters sans frontières. Firas Hatoum et Abdel-Azim Khayat réalisaient un sujet sur Mohammed Zouheir Siddik, témoin important dans l'affaire Hariri. Le 15 décembre 2006, ils se sont rendus à Khaldé (sud de Beyrouth) pour visiter son appartement, qui avait déjà fait l'objet d'une inspection par la Commission internationale d'enquête. Des prélèvements avaient été effectués et l'appartement est fermé depuis un an. D'après les informations recueillies par Reporters sans frontières, aucun signe interdisant l'accès de l'appartement n'apparaissait sur la porte. Les journalistes avaient par ailleurs préalablement obtenu la permission de Mohammed Zouheir Siddik pour se rendre sur les lieux. Leur conversation téléphonique avait été diffusée à l'antenne. Ils étaient accompagnés du gérant et du gardien de l'immeuble qui, ne disposant pas de clé, les ont fait entrer par l'une des fenêtres. Ces derniers ont également été inculpés pour avoir aidé les journalistes de New TV. Pendant qu'ils filmaient l'appartement, un agent de police en civil, chargé de surveiller l'habitation, a suivi la scène sans intervenir. Ce n'est qu'après la diffusion du reportage, le 19 décembre 2006, que le procureur général près la Cour de cassation, Said Mirza, a ordonné l'arrestation des trois employés de New TV, du gérant de l'immeuble et du gardien. Accusés de ”vol” et jugés en vertu du code pénal et non du code de la presse, ils risquent entre 3 et 8 ans de prison. Ils sont aujourd'hui détenus à la prison centrale de Roumié (au nord-est de Beyrouth).