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3 juin 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Deux journalistes condamnés à un an de prison


Le 1er juin, Mustapha Bakri, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Al Ousbou, et son frère Mahmoud Bakri, journaliste pour la même publication, ont été condamnés à un an de prison pour " diffamation " et incarcérés le lendemain. " Nous demandons la libération immédiate de ces journalistes. Si la justice a quelque chose à leur reprocher, qu'elle leur inflige une amende mais en aucun cas une peine de prison ", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. " A l'heure où l'Egypte veut se doter d'un Conseil des droits de l'homme et où il est question d'annuler les Cours de sûreté de l'Etat, il serait vraiment préjudiciable, pour l'image du pays, d'incarcérer des journalistes pour des délits de presse ", a-t-il ajouté. Il a rappelé que, dans un document du 18 janvier 2000, Abid Hussain, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, a demandé " à tous les gouvernements de veiller à ce que les délits de presse ne soient plus passibles de peines d'emprisonnement, sauf pour des délits tels que les commentaires racistes ou discriminatoires ou les appels à la violence (…) l'emprisonnement en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion constitue une violation grave des droits de l'homme ". La Cour de cassation a confirmé, le 1er juin, une peine de un an de prison (prononcée en 1998) à l'encontre de Mustapha et Mahmoud Bakri, respectivement rédacteur en chef et journaliste de l'hebdomadaire Al Ousbou. Les deux hommes ont été condamnés pour avoir " diffamé " Mohammed Abdel Al, chef du parti d'opposition de la Justice sociale et directeur du journal Al-Watan Al-Arabi, en l'accusant de corruption sans fournir de preuves. Ces articles étaient parus, en 1996, dans le quotidien Al Ahrar que dirigeait alors Mustapha Bakri. Mohammed Abdel Al a été condamné, dans le cadre d'une autre affaire, le 25 mai 2003, à dix ans de prison par la Haute Cour de sûreté de l'Etat pour avoir accepté des pots-de-vin de patrons d'entreprise qu'il promettait de ne jamais critiquer dans son journal. Les journalistes ont été incarcérés le 2 juin à la prison de Tora (sud du Caire).