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11 juillet 2009 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Deux blogueurs maintenus en détention provisoire


Reporters sans frontières dénonce la décision prise le 10 juillet 2009, par le juge Rauf Ahmadov de la Cour de Sabail de placer les deux cyberdissidents Adnan Hadji Zadeh (Gadjizade) et Emin Mili, en détention provisoire pendant deux mois, dans l'attente de leur procès. Arrêtés le 8 juillet à Bakou, ils ont été jugés pour “hooliganisme” en vertu de l’article 222.1-0- du code pénal. "Il est urgent que le juge réexamine le dossier, car cette condamnation est disproportionnée. C'est une décision de justice emblématique de la nature arbitraire des verdicts rendus à l'encontre des opposants au gouvernement. Le procès a été avancé sans raison, l'accusation est infondée et ils n'ont même pas pu voir d'avocat pour se défendre. Par ailleurs, nous sommes inquiets pour l’état de santé des deux blogueurs et demandons leur libération immédiate", a déclaré l’organisation. Peu avant leur arrestation, les blogueurs ont été victimes d’une agression dans un restaurant. Deux sportifs ont violemment agressé Emin Mili. Adnan Hadji Zadeh a alors pris sa défense, et a été victime de coups à son tour. La police a laissé les agresseurs prendre la fuite, avant d’arrêter les blogueurs. Adnan Hadji Zadeh est un vidéo-blogueur, membre du mouvement d'opposition "OL ! Youth Movement". Emin Mili est l'un des fondateurs du mouvement "the Alumni Network". Ce dernier souffre de différentes blessures, dont une à la jambe, et Adnan Hadji Zadeh a le nez cassé. Les autorités refusent de leur fournir les soins médicaux adéquats et refusent qu'ils recoivent la visite de diplomates. L’ambassadeur d’Allemagne à Bakou, Per Stankin, a souhaité une libération rapide des blogueurs. Emin Mili devait en effet travailler en tant qu’interprète, avec Gunter Nooke, médiateur allemand pour les droits de l’homme. Ce dernier n’a pas été autorisé à rendre visite aux deux détenus, malgré sa demande auprès des autorités. L’ambassade des Etats-Unis a exprimé son inquiétude, par le biais d’un de ses représentants, Dmitry Dorokhovsky. Le 9 juillet, des manifestations de soutien aux deux bogueurs ont été organisées en Azerbaïdjan. Les journalistes et les représentants de la société civile font régulièrement l’objet de menaces et d’attaques. L’Azerbaïdjan figure à la 150e place du classement 2008 de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières. Son président, Ilham Aliev, est considéré comme un prédateur de la liberté de la presse par l’organisation.