Actualités

5 mai 2017

Des organisations nationales et internationales extrêmement préoccupées par le harcèlement du co-fondateur de Nawaat

Reporters sans frontières, Article 19, International media support, le Forum tunisien des droits économiques et sociaux, l'Association Vigilance pour la démocratie et l'état civique, le Centre Tunisien pour la Liberté de la presse et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme dénoncent l’interrogatoire de Sami Ben Gharbia, co-fondateur du média citoyen Nawaat, par la gendarmerie tunisienne pour un article paru le 21 avril 2017. C’est la quatrième fois en moins d’une année que Ben Gharbia est convoqué par les autorités.

Ben Gharbia a été entendu le 3 mai 2017, journée internationale de la liberté de la presse, par la brigade des investigations de la Garde nationale pour “vol de documents et divulgation de secrets”, après que Nawaat ait fuité un document révélant la stratégie de la présidence de la République afin d’imposer une loi controversée sur la réconciliation économique. Durant plus de six heures, les gendarmes ont demandé à Ben Gharbia de révéler ses sources ainsi que les données personnelles des journalistes ayant travaillé sur le sujet. L’identité du plaignant n’est pour sa part toujours pas connue.

“Nous dénonçons ce harcèlement contre le média indépendant Nawaat. Passer plus de six heures à être interrogé pour un article sur la présidence et le projet controversé d'amendements de la loi sur la réconciliation économique, que l’on fasse pression pour obtenir les sources de Nawaat est extrêmement préoccupant.” déclarent les organisations signataires

Pour rappel, le décret-loi n°115-2011 relatif à la liberté de la presse prévoit dans son article 11 qu’il est interdit de soumettre le journaliste à une quelconque pression de la part d’une quelconque autorité. En outre, les sources des journalistes ne peuvent être révélées qu’en cas d’autorisation du juge judiciaire compétent et sous réserve que ces informations ne puissent être obtenues par aucun autre autre moyen.

La Tunisie est 97ème au Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) de 2017.

Les organisations signataires sont :

Article 19

International media Support

Reporters Sans Frontières

Forum Tunisien des Droits économique et sociaux

Association Vigilance pour la démocratie et l'état civique

Centre Tunisien pour la Liberté de la Presse

Réseau euro-méditarranéen des droits de l'Homme