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4 février 2019 - Mis à jour le 5 février 2019

Des leaders politiques indiens attaquent des journalistes en plein meeting

Au lendemain de l’attaque qui l’a visé, Suman Pandey participait à un mouvement de protestation au Club de la presse de Raipur (photo : Ankit Mishra / Twitter).
Reporters sans frontières (RSF) dénonce le récent assaut mené contre des journalistes par des dirigeants politiques locaux durant un meeting du BJP, le parti au pouvoir en Inde, et exige que des sanctions fermes soient prises à leur encontre par la direction.

Samedi 2 février, dans l’après-midi, le reporter Suman Pandey couvrait, pour le portail d’information The Voices, un meeting du Bharatiya Janata Party (BJP) dans l’Etat du Chhattisgarh, au centre de l’Inde. Alors qu’il filmait des échanges tendus entre militants, des cadres du parti se sont rués sur lui pour le forcer à effacer ses rushes, au point de le blesser à la tête et de réussir à faire disparaître les enregistrements du journaliste.

 

Quatre de ces cadres ont été présentés à la police, dont le président de la section du parti à Raipur, la capitale régionale, qu’on a aussi vu malmener une femme journaliste non identifiée. Un troisième reporter, Vinod Dongre, qui travaille lui aussi pour The Voices, a également été blessé durant l’attaque.

 

“Il est absolument inadmissible que des cadres d’un parti politique s’en prennent aussi violemment à un journaliste et à son travail, déplore Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Nous appelons la direction du BJP à suspendre immédiatement les quatre membres du parti qui se sont attaqués à l’un des fondements de la démocratie indienne, à savoir la liberté de la presse. A quelques semaines des élections législatives, il revient aux leaders politiques de faire preuve de responsabilité face à leurs militants en montrant une bonne fois pour toutes leur respect du quatrième pouvoir.”

 

Guirlandes de fleurs

 

Cet épisode est un nouvel exemple, s’il en fallait encore, des effets dévastateurs de l’exaltation de la violence quotidienne contre les journalistes. Selon des informations recueillies par RSF, des militants du BJP ont accueilli les assaillants de Suman Pandey à la sortie du commissariat avec des “maalais”, des guirlandes de fleurs, pour les féliciter de leur acte commis contre le reporter.

 

Le soir du meeting, alors que les confrères du journaliste s’étaient réunis en signe de protestation, quelques membres de la ligue de jeunesse du BJP les ont menacé avec des couteaux et des armes tranchantes, avant que la police les empêche d’en faire usage.

 

En juillet dernier, RSF a déclenché une “procédure d’alerte” sur la place de l’Inde au Classement mondial de la liberté de la presse dans la prochaine édition, notamment en raison d’une recrudescence d’exactions et de violences commises contre les journalistes. Le pays est aujourd’hui classé 138e sur 180.