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15 mars 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Des journalistes proches de Sarath Fonseka menacés d'arrestation


Reporters sans frontières est très préoccupée par les intimidations et les menaces de poursuites judiciaires à l'encontre d'au moins quatre journalistes proches de l'opposant emprisonné Sarath Fonseka. Plusieurs d'entre eux ont été convoqués par la police antiterroriste et vivent dans la peur d'être arrêtés pour 90 jours, comme le permet la loi. "Nous demandons aux autorités de Colombo de ne pas arrêter les journalistes Prasanna Fonseka, Mihiri Fonseka, Ruwan Weerakoon et Tissa Ravindra Perera. Il est plus que regrettable que les poursuites engagées contre Sarath Fonseka, principal opposant du président Mahinda Rajapaksa, s'accompagnent d'une chasse aux sorcières contre ses proches et ses partisans. Si ces journalistes, dont certains ont pu profiter de leur proximité avec le général à la retraite, sont placés en détention, il s'agirait d'un nouveau dérapage de la police et de la justice dans la répression des voix de l'opposition", a affirmé l'organisation. Des officiers de la police antiterroriste (TID) ont interrogé cette semaine les journalistes Ruwan Weerakoon, Prasanna Fonseka, son frère Mihiri Fonseka, et Tissa Ravindra Perera. Selon un reporter de Colombo, les policiers les ont questionnés sur leurs relations avec Sarath Fonseka qui risque, lui, la cour martiale. L'un d'entre eux, Ruwan Weerakoon, collaborateur du quotidien The Nation sur les affaires de défense, est hospitalisé, sous la garde de la police, après avoir été victime d'un accident cardiaque en raison des pressions dont il est l'objet depuis plusieurs semaines. Plusieurs témoignages sont parvenus à Reporters sans frontières sur l'épuisement physique et moral de ces journalistes dont certains ont vécu cachés depuis l'élection présidentielle de janvier 2010. Ils étaient présents aux côtés de Sarath Fonseka au Cinnamon Lakeside Hotel, assiégé par l'armée au lendemain du scrutin qui a vu la réélection de Mahinda Rajapaksa. Plusieurs de ces journalistes avaient obtenu du général Sarath Fonseka l'autorisation de se rendre sur le terrain des opérations militaires à la fin de la guerre contre les LTTE, en 2009. Ce privilège leur avait permis de mettre en avant la conduite de l'offensive par le chef des armées devenu opposant fin 2009 au chef de l'Etat. Reporters sans frontières dénonce un climat plus large d'intimidations qui s'est récemment matérialisé par la publication d'une liste de journalistes et de militants des droits de l'homme à surveiller par les services de sécurité. Selon une source diplomatique à Colombo, une liste d'une trentaine de noms a été établie par les autorités. On y trouve notamment les responsables des organisations Transparency International Sri Lanka et Centre for Policy Alternatives, et des journalistes cingalais et tamouls. "Si l'existence d'une telle liste est confirmée, nous appelons le gouvernement à faire cesser ces pratiques", a précisé l'organisation. Enfin, Reporters sans frontières demande aux autorités policières de rendre publiques les conclusions de leur enquête sur la disparition de l’analyste politique et caricaturiste Prageeth Eknaligoda, dont on est sans nouvelles depuis le 24 janvier 2010, à Colombo. Plus d'information sur cette affaire :