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9 juillet 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Daher Ahmed Farah de nouveau en prison


La cour d'appel de Djibouti a condamné Daher Ahmed Farah (photo) à trois mois de prison pour "diffamation". Le directeur de publication du journal Le Renouveau a été immédiatement conduit à la prison de Gabode (Djibouti). il doit également payer plus de 65 000 euros de dommages et intérêts et son journal est interdit de parution pendant trois mois.
La cour d'appel de Djibouti a condamné Daher Ahmed Farah, directeur de publication du journal Le Renouveau et président du Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD, parti d'opposition), à trois mois de prison pour "diffamation", le 9 juillet 2003. A l'issue de l'audience, Daher Ahmed Farah a été immédiatement conduit à la prison de Gabode (Djibouti). Son journal est également interdit de parution pendant trois mois. "C'est un véritable harcèlement. C'est la troisième fois que Daher Ahmed Farah est emprisonné cette année. Aujourd'hui, il est condamné à trois mois de prison dans une affaire pour laquelle il avait été relaxé en première instance. Ce n'est pas sérieux. De plus le montant astronomique demandé au titre des dommages et intérêts signe l'arrêt de mort du Renouveau. Comment un petit journal, qui tire à quelques centaines d'exemplaires pourrait-il trouver plus de 65 000 euros ? L'Etat le sait très bien et a trouvé là le moyen de faire taire une publication qui dérange le pouvoir en place", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, la cour d'appel de Djibouti a condamné Daher Ahmed Farah à trois mois de prison ferme, trois mois de prison avec sursis, treize millions de francs djiboutiens (environ 65 000 euros) de dommages et intérêts et 200 000 francs djiboutiens (environ 1 000 euros) d'amende. Le Renouveau est interdit de parution pendant trois mois. Daher Ahmed Farah était poursuivi par le chef d'état-major de l'armée, le général Zakaria Cheik Ibrahim, et par les membres d'un groupe folklorique militaire, la Troupe Harbi, pour "diffamation". Dans son édition n°475 du 17 avril 2003, Le Renouveau avait reproché au général d'utiliser la Troupe Harbi à des fins politiques et personnelles. "Est-il républicain de mettre au service de la propagande d'un régime un élément de l'institution militaire ? Pensez-vous agir en officier républicain en vous prêtant à l'instrumentalisation politicarde d'une troupe culturelle militaire ? Général, est-il vrai que des membres féminins de la Troupe Harbi continuent, comme par le passé, à vous servir (…), en tenue de sport bien entendu ?", avait publié Le Renouveau à l'adresse du général. Un tribunal de première instance de Djibouti avait prononcé la relaxe de Daher Ahmed Farah, dans le cadre de cette affaire, le 23 juin. Le journaliste et opposant a été emprisonné à plusieurs reprises au cours de ces dernières années. Dans la plupart des cas, il était poursuivi pour un délit de presse et a été condamné à des peines de prison ou à des amendes.