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9 juillet 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Contrefeux et attaques rétrogrades contre la liberté de la presse


Ces derniers jours, les critiques de membres de la majorité contre Mediapart et son fondateur Edwy Plenel ont redoublé de violence, allant jusqu’à parler de « méthodes fascistes » (Xavier Bertrand).

Tous les efforts pour allumer un contre-feu à l’affaire Woerth/Bettencourt dans l’espoir de la transformer en affaire Mediapart ne changent rien au fond du problème qu’il convient de ne pas oublier.

"Les attaques de ces derniers jours contre la presse sont à prendre au sérieux. La dernière en date, consistant à vouloir rééquilibrer la liberté de la presse et le respect de la vie privée est particulierement inquiétante et indigne d'un pays démocratique", a déclaré Reporters sans frontières.

A ceux qui tiennent absolument à voir dans Mediapart un « site de ragots » (Nadine Morano) manipulé et manipulateur indigne du terme de journaliste, nous souhaitons répondre :
-que les méthodes adoptées par le gouvernement et des membres de la majorité pour s'attaquer à la presse sont rétrogrades ;
-qu’il est légitime et, plus encore, nécessaire que la presse se livre à des enquêtes journalistiques sur le monde politique, même au moyen de document procurés sans autorisation. Ce, dans la mesure où le journaliste poursuit « un but d’information du public sur une question d’intérêt général », ce qui est le cas ;
-que c’est pour protéger le journalisme d’investigation, orgueil et fierté de la profession, que la France a dû se doter d’une loi sur la protection du secret des sources, enfin votée en janvier 2010 ;
-enfin, quant au respect de la vie privée, il est strictement protégé en France, bien mieux que dans nombre de nos voisins européens.

A ceux qui accusent la presse d’être manipulée, nous rappelons que les journalistes professionnels savent faire la part des choses, de même que les lecteurs. Le fait qu’une révélation puisse profiter à un acteur politique ne justifie pas qu’on renonce à la publication d‘une information.

Enfin, aux hommes politiques qui ont décidément bien du mal à accepter que la presse ne soit pas un outil de communication (et qui déplorent à l’occasion que leur communiqué ne soit pas repris par l’AFP), nous devons souligner qu’il est dans l’intérêt de nos démocraties d’être dotées d’une presse indépendante, parfois frondeuse, en bref, d’un contrepouvoir.