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25 octobre 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Confirmation en appel de la condamnation de Rachid Nini à un an de prison ferme


Reporters sans frontières déplore la confirmation en appel de la condamnation de Rachid Nini, directeur de publication du quotidien Al-Massae, le 24 octobre 2011, par le tribunal de Casablanca, à un an de prison ferme et une amende de 1000 dirhams (90 euros) pour “désinformation”.

Le journaliste et ses avocats ont refusé d’assister à l’audience, rappelant que la condamnation en première instance reposait sur des dispositions du code pénal et non pas du code de la presse.

Placé en garde à vue depuis le 28 avril 2011, Rachid Nini a été condamné le 9 juin 2011 pour la publication, dans le quotidien Al-Massae, de nombreux articles où des personnalités, notamment dans l’entourage du Roi, étaient accusées de corruption. Rachid Nini avait également publié des informations relatives à Abdellatif Hammouchi, le directeur de la Direction générale de la surveillance du territoire, les services secrets marocains. Dans ses articles, il avait aussi exigé des autorités l’abrogation de la loi antiterroriste.

Il a aujourd’hui purgé la moitié de sa peine.

Contacté par Reporters sans frontières, Mr Balghout, un des avocats du journaliste, s’est déclaré surpris et attristé de ce jugement en appel, exprimant son espoir de voir son client grâcié à l’occasion de l’Aïd Al-Kébir, comme il est de tradition dans les pays musulmans, l’occasion de cette fête religieuse.

Reporters sans frontières estime que la confirmation en appel de la condamnation de Rachid Nini n’est pas de bon augure pour la liberté de la presse au Maroc, allant à l’encontre des promesses faites par le Roi à l’égard des journalistes et des médias. Alors qu’en Tunisie, où plus aucun journaliste n’est emprisonné, le Maroc, avec la condamnation de Rachid Nini, montre qu’il a fort besoin de réformes garantissant un climat favorable aux journalistes. L’organisation exige fermement la libération immédiate de Rachid Nini, emprisonné en violation du code de la presse.

D’autre part, Reporters sans frontières, qui s’était vu refuser pour vice de forme sa première demande de visite, déposée fin juin 2011, par le bureau du procureur du Roi, attend toujours une réponse des autorités à sa seconde demande, déposée à la mi-septembre.