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2 janvier 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Condamnation à douze ans de prison du cyberdissident Nguyen Khac Toan


Reporters sans frontières dénonce la condamnation du cyberdissident Nguyen Khac Toan à douze ans de prison, ainsi que les violations flagrantes de son droit à la tenue d'un procès équitable. Il s'agit de la plus lourde peine prononcée à l'encontre d'un cyberdissident au Viêt-nam. L'organisation en appelle au ministre de la Justice Uong Chu Luu pour la libération immédiate de Nguyen Khac Toan dont les droits les plus essentiels ont été bafoués. Cette nouvelle atteinte à la liberté d'expression sur la toile ne fait que confirmer l'obstination du gouvernement à s'aligner sur la politique chinoise de répression massive des utilisateurs d'Internet. Le 20 décembre, Nguyen Khac Toan a été condamné à douze ans de prison par le tribunal populaire de Hanoi. Il a été reconnu coupable d'espionnage pour avoir envoyé des informations par courrier électronique à des organisations de défense des droits de l'homme en exil jugées "réactionnaires" par le gouvernement vietnamien. Les autorités considèrent ce crime comme une violation de l'article 80 du code pénal. Les droits de Nguyen Khac Toan ont été bafoués de bout en bout de la procédure. En totale violation de l'article 131 de la Constitution vietnamienne qui statue clairement sur la tenue d'un procès public, les autorités ont interdit tout accès au tribunal, y compris aux membres de sa famille. La séance n'a duré que quelques heures. Le dissident n'a pu rencontrer son avocat que deux fois, quelques jours avant la tenue de son procès, et n'a jamais pu s'entretenir avec lui en privé. Ancien officier de l'armée, Nguyen Khac Toan avait été arrêté le 8 janvier 2002 dans un café Internet de Hanoi. Il est désormais détenu dans la prison B14, non loin de la capitale. Reporters sans frontières a rappelé par ailleurs que trois autres cyberdissidents sont emprisonnés au Vietnam. Le Chi Quang, dont la santé reste très fragile, a été condamné le 8 novembre à quatre ans de détention pour avoir appelé sur Internet à des réformes politiques, tandis que le Dr Pham Hong Son, arrêté le 29 mars 2002 et le journaliste Nguyen Vu Binh, arrêté le 25 septembre 2002, restent incarcérés pour avoir exprimé leurs opinions sur le réseau, et attendent toujours la tenue de leur procès. Quant à Tran Khue, professeur de littérature et auteur d'une lettre ouverte à l'ancien président chinois Jiang Zemin, il reste en résidence surveillée, et ce depuis le 10 mars 2002.