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1 août 2012 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Cinq journalistes turcs blessés à Alep, nouveau théâtre de violences contre la presse


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Cinq journalistes turcs – trois employés de l’agence de presse Anadolu
et deux autres travaillant pour la chaîne satellitaire Al-Jazeera – ont été
blessés, le lundi 30 juillet 2012, à Alep (Nord), alors qu'ils couvraient les
affrontements qui déchirent la ville. Les premiers ont été visés par des tirs
de sniper tandis que les deux autres ont été blessés par les éclats d’un obus
tombé à proximité du lieu où ils se trouvaient. (lien vidéo)

"Nouveau front de la guerre en Syrie, Alep est aussi devenue un nouveau
théâtre de graves violences et d'attaques contre les hommes de médias.
Ces évènements récents viennent s’ajouter à la longue liste des exactions
commises contre les professionnels des médias depuis le début de
l'insurrection en Syrie. Ils font craindre le pire pour la presse actuellement
présente dans le nord du pays", a déclaré l’organisation.

“Depuis plus d'un an, les foyers de combats se déplacent dans le pays,
mais une caractéristique demeure : la presse est durement exposée et
personne ne semble déterminer à la protéger. La sécurité des émetteurs
d’information, journalistes, correspondants ainsi que de leurs équipes,
syriennes ou étrangères, doit être garantie, non seulement par l’armée
syrienne, mais également par l’Armée syrienne libre”, a ajouté Reporters
sans frontières.

Alors qu'il couvrait les bombardements de l’armée de l’air syrienne dans
le quartier de Salahedinne, à Alep, le photoreporter turc Sinan Gül a été
sérieusement blessé aux jambes par des tirs de sniper. (Lien vidéo)

Le reporter Samet Dogan et le caméraman Kenan Yesilyurt, qui étaient
avec lui et travaillent également pour l'agence Anadolu, ont eux aussi été
blessés. Le 31 juillet, ils ont réussi à se mettre en lieu sûr.

Sinan Gül raconte : "Nous nous sommes rendus dans cette région pour
couvrir les opérations militaires. Lorsque les snipers ont commencé à tirer
sur nous, il ne restait plus de soldats opposants à nos côtés. Lorsque ces
derniers se sont mis à avancer, j'ai cru que le quartier était sûr, mais j'ai
quand même demandé à Kenan de ne pas bouger. Ensuite, j'ai traversé
la rue pour me protéger en me positionnant derrière une voiture. A ce
moment-là, j'ai fait l'objet de tirs intenses. Les snipers tiraient directement
sur moi. J'ai été atteint au pied et à la jambe. On tirait tout le temps sur moi.
Comme la voiture me protégeait, je n'ai pas été atteint à la tête, mais je
perdais beaucoup de sang."

Le journaliste a été conduit à l’hôpital Sifa d'Alep avant d'être transféré à
l'hôpital d'Etat Sehit Kamil à Gaziantep (sud-est de la Turquie), où la balle
qui a atteint sa jambe droite a été retirée. Le patient a ensuite été transféré,
le 31 juillet en fin d'après-midi, au Medikal Park Bahçelievler Hastanesi
d'Istanbul, où il doit subir une greffe des tissus.

Les deux autres journalistes blessés, le correspondant d’Al-Jazeera Amr
Khachram
et son caméraman Hakan Bayginer, sont actuellement soignés
dans un hôpital turc près de la frontière syrienne. Un obus a explosé à
proximité de l’endroit où ils s’entretenaient avec des rebelles. Leur état
de santé est stable, d’après le rapport des médecins, et les deux hommes
devraient quitter l’hôpital dans les prochains jours.

Deux photographes néerlandais et britannique, Jeroens Oerlemans et John
Cantlie
, avaient été enlevés à Alep, le 19 juillet dernier, et retenus dans un
camp “jihadiste“ avant d'être libérés. Plus d'informations : http://fr.rsf.org/syrie-deux-journalistes-europeens-30-07-2012,43125.html

Enfin, l’Armée syrienne libre à le devoir de veiller à la sécurité des
journalistes et de leurs collaborateurs en évitant la mésaventure du
reporter britannique Alex Thomson qui, en juin dernier, décrivait
comment les rebelles lui auraient tendu un piège,
l’emmenant, lui et ses collègues, dans une zone où les soldats de l’armée
syrienne tiraient à vue.

(Crédit photo, slide show : AFP)