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15 octobre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Cinq journalistes dissidents libérés après une courte détention


Mario Echevarría Driggs, David Águila Montero et William Cacer Díaz, détenus à La Havane en fin de semaine dernière, ont été libérés dans la soirée du 14 octobre 2013. Deux correspondants de la petite agence d’informations indépendantes Hablemos Press, arrêtés la veille, sont sortis de prison au même moment. Il s’agit de Denis Noa Martinez et Pablo Morales Marchán. “Reporters sans frontières prend acte de ces libérations avec satisfaction, en espérant que les intéressés, et tous les acteurs de l’information, pourront désormais mener leurs activités sans craindre d’être réprimés ou incarcérés. Nous demandons aux autorités de sanctionner en conséquence le zèle des agents de la sécurité de l’État et de la police”, déclare l’organisation. _________ 14.10.13 - Trois journalistes dissidents arrêtés en moins de vingt-quatre heures à La Havane Reporters sans frontières appelle à la libération immédiate de Mario Echevarría Driggs, David Águila Montero et William Cacer Díaz, arrêtés en fin de semaine dernière. Correspondant du site Misceláneas de Cuba, Mario Echevarría Driggs a été interpellé dans la journée du 10 octobre 2013 alors qu’il couvrait une manifestation aux abords du Capitole national. Directeur de l’Agence sociale des journalistes indépendants (ASPI), David Águila Montero a été arrêté le lendemain matin au sortir de son domicile suivi, quelques heures plus tard, de William Cacer Díaz, appréhendé par la Sécurité de l’État (police politique) alors qu’il se rendait au siège du centre d’informations Hablemos Press dont il est l’un des correspondants. “Le rejet par les autorités de La Havane, le 20 septembre dernier, des recommandations du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en matière de liberté d’expression trouve malheureusement son prolongement dans ces actes de répression ciblée. Cette attitude est d’autant plus incompréhensible que le débat sur l’information mobilise de façon croissante la société civile, et à présent les rangs des médias officiels”, constate Reporters sans frontières. “On ne peut pas prétendre débattre et réformer tout en continuant de céder à la censure, à la brutalité et à l’arbitraire. Les journalistes et net-citoyens détenus doivent être libérés sans délai. En tant que pays titulaire de la présidence tournante de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC), Cuba doit a fortiori honorer ses engagements internationaux au plan des libertés publiques et des droits de l’homme, conformément aux promesses du président Raúl Castro lui-même. La ratification des Pactes onusiens sur les droits civils et politiques ne peut plus attendre”, ajoute l’organisation. Cuba compte déjà deux acteurs de l’information incarcérés : l’écrivain et blogueur Angel Santiesteban-Prats, depuis le 28 février dernier, et le journaliste José Antonio Torres, issu du quotidien Granma, condamné en juillet 2011 à quatorze ans de prison pour d’obscures charges d’“espionnage”. Ces trois arrestations de journalistes interviennent dans un contexte de répression accrue au cours des dernières semaines. Reporters sans frontières condamne à cet égard l’acte de dégradation publique (acto de repudio) organisé ce 12 octobre, devant le domicile du journaliste dissident Juan Carlos González Leiva. Une semaine plus tôt, le blogueur et activiste Isbel Díaz Torres a été convoqué par la police à la suite d'un débat sur l’avenir du Code du travail, pourtant organisé par le Parti communiste et la Centrale des travailleurs.