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14 janvier 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Cinq journalistes de la chaîne Canal 9 séquestrés pendant soixante heures par leur direction


Reporters sans frontières manifeste sa profonde consternation après la séquestration et les mauvais traitements infligés, du 7 au 9 janvier 2008 à Buenos Aires, à cinq journalistes de la chaîne Canal 9 - Verónica Lazzaro, Carina Alvarez, Matías Castro, Laura Mayocchi et Hernán Sinaj - par des membres de la direction du média. Verónica Lazzaro et Carina Alvarez ont été hospitalisées après soixante heures passées sans accès à l'eau, à l'électricité, à la climatisation et aux toilettes. “Un conflit du travail doit se régler par la négociation, par le dialogue social, et certainement pas par des méthodes aussi brutales. Nous condamnons le comportement inqualifiable de la direction de Canal 9, et exprimons notre solidarité à l'égard des journalistes séquestrés. Nous attendons également des explications du propriétaire de la chaîne, Remigio González González”, a déclaré Reporters sans frontières. La situation a dégénéré quand les cinq salariés, protestant contre le licenciement de six de leurs collègues, ont été empêchés d'accéder à leur lieu de travail par des agents de sécurité de la chaîne. Après avoir pénétré de force dans les locaux, les journalistes y ont été retenus pendant soixante heures. La direction de Canal 9 a coupé le courant électrique, l'approvisionnement d'eau et la climatisation, alors même que Buenos Aires est frappée par une lourde vague de chaleur. Les journalistes retenus n'ont pas davantage eu le droit d'accéder aux toilettes. Deux d'entre eux, Verónica Lazzaro et Carina Alvarez, ont été admises aux urgences. Un lourd conflit oppose le personnel de Canal 9 à la direction, depuis le rachat de la chaîne, en janvier 2007, par le magnat américain d'origine mexicaine Remigio González González. La direction a prévu la suppression de deux cents emplois. Les salariés assurent n'avoir jamais reçu la notification écrite de leur départ. La nouvelle direction n'a pas hésité à recourir à la surveillance vidéo de certains journalistes, à la censure et au licenciement sans préavis pour répondre à la grogne sociale, selon les employés. Par ailleurs, le 13 septembre 2007, Tomás Eliaschev, du site perfil.com (issu du groupe de presse du même nom), a subi une grave agression à l'occasion d'un conflit entre ses employeurs et l'Union des travailleurs de presse de Buenos Aires (UTPBA).