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21 octobre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Cinq journalistes blessés lors d’un double attentat à Narathiwat


Cinq journalistes ont été blessés alors qu’il couvraient un attentat à la bombe, le 19 octobre dans le sud de la Thailande. Une seconde bombe a explosé quelques trois quart d’heure après la première, alors que les membres de la police et des journalistes étaient arrivés sur place. “Nous exprimons notre soutien aux journalistes blessés en ces circonstances. La couverture de telles scènes de crime est particulièrement compliquée mais la protection des journalistes doit toujours être la priorité pour les reporters eux-mêmes ainsi que pour leur média. Dans des contextes d’actes terroristes, il n’est pas rare de voir plusieurs explosions se succéder. Ce modus operandi est utilisé par les auteurs d’attentats dans le but de faire le plus grand nombre de victimes. En plus des pertes humaines et des dommages qu’elle occasionne, la première bombe sert d’appât pour attirer sur place journalistes et forces de sécurité, alors visés par un second engin explosif”, a déclaré Reporters sans frontières. Les journalistes ont été blessés alors qu’ils étaient venus couvrir une première explosion survenue aux alentours de onze heure quinze dans la province de Narathiwat, et qui visait explicitement une patrouille de l’armée. Présents sur les lieux de l’attentat, tant les policiers que les journalistes se sont fait surprendre par une deuxième bombe, placée dans un arbre à cent mètres de là et qui a explosé vers midi. Onze personnes ont été blessées, dont cinq journalistes, alors que deux paramilitaires ont succombé à leurs blessures. Parmi eux se trouvaient Madaree Tohala, journaliste et photographe pour l’AFP, Kreeya Tohtanee de Channel 7, Muranee Mama du quotidien Siam Rath, Santhiti Korjitmate de Channel 5 et Pathitta Noosanthad de la chaîne Thai PBS. Souffrants de légères blessures, le journaliste de l’AFP a notamment reçu des éclats d’obus dans le dos et l’oreille, tous ont été transportés vers l'hôpital de Narathiwat. Le sud du pays est soumis aux attaques récurrentes de la rébellion, alors que les négociations avec le gouvernement ont été suspendues depuis le début du mois. Ce type d’attaque qui consiste à faire exploser des bombes à quelques minutes d’intervalle après l’arrivée des secours, de la police, et des journalistes est propre à certains groupes islamistes terroristes. La Thaïlande se situe à la 135ème position sur 179 selon le classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2013. Dans le cadre de sa mission de défense de la liberté de l’information, Reporters sans frontières a mis en place un dispositif de sécurité à la disposition des journalistes qui partent en mission à l’étranger comprenant notamment des solutions d’assurance incluant le risque de guerre, une hotline “SOS Presse” gratuite pour les journalistes en difficulté, et un Guide pratique du journaliste (consultez les éléments du dispositif de sécurité ici). Crédit photo : AFP