Actualités

4 novembre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Cinq journalistes arrêtés en une semaine


Reporters sans frontières a condamné la vague d'arrestations dont ont été victimes des journalistes de médias privés. L'organisation a exigé la libération immédiate de Moniruzzaman Monir, victime vraisemblablement d'une vengeance de la part de militants du Jamaat-e-Islami. Reporters sans frontières a également demandé au ministre de l'Intérieur, Altaf Hossain Chowdhury, de fournir des explications sur l'arrestation des journalistes Saiful Islam, Omar Ali Sani, Babu, et Helal Uddin. Par ailleurs, l'organisation a exprimé le souhait que des responsables du ministère de l'Education éclaircissent les circonstances dans lesquelles deux reporters de télévision, Mujib Masud et Mamoon Abdullah, ont été séquestrés par des fonctionnaires de ce ministère. Le 23 octobre 2002, Moniruzzaman Monir, correspondant du Dainik Jugantor à Nalchity (sud du pays) a été arrêté par un inspecteur de police suite à une plainte pour "agression" et "extorsion" déposée par le frère d'Abu Baker Siddique, dirigeant du parti fondamentaliste Jamaat-e-Islami. Le Dainik Jugantor avait publié auparavant un article de M. Monir sur la corruption du dirigeant local du Jamaat-e-Islami. Le journaliste est détenu dans la prison de Nalchity et l'enquête a été confiée à la police. Le 30 octobre, Saiful Islam, correspondant du Dainik Jugantor, Omar Ali Sani, correspondant du Dainik Ittefaq, et Babu, correspondant du quotidien local Dainik Gono Jagaron, ont été arrêtés à Agailjhara (sud du Bangladesh). Les journalistes sont officiellement poursuivis pour extorsion, mais ces derniers dénoncent une accusation montée de toutes pièces. Leur arrestation serait en effet liée à la publication de plusieurs articles qui étaient parus dans des journaux nationaux au sujet de l'abattage illégal d'arbres. L'officier en charge du poste de police de Agailjara aurait alors fabriqué de faux témoignages contre les trois journalistes. Saiful Islam, Omar Ali Sani, et Babu ont été libérés sous caution après que les journalistes de Barisal (capitale du district) se sont mobilisés en leur faveur. Par ailleurs, le 27 octobre, Mujib Masud et Mamoon Abdullah, journalistes d'un nouveau programme "Roving Eye" diffusé par la chaîne de télévision privée Channel-I, ont été agressés et séquestrés par des fonctionnaires du ministère de l'Education alors qu'ils se trouvaient dans un bâtiment du ministère. Ils ont été secourus par des membres de l'organisation de journalistes Dhaka Reporters Unity. Les raisons de cette agression ne sont pas connues. Enfin, le 21 octobre, Helal Uddin, correspondant du quotidien Bhorer Kagoj à Sirajganj (nord-ouest du pays) a été arrêté, mais les informations recueillies par Reporters sans frontières ne permettent pas de confirmer que cette arrestation soit liée à son travail. Il est détenu par l'armée bangladeshi engagée dans une opération nationale de lutte contre la criminalité et la violence politique. Le 28 octobre, il a été conduit devant un magistrat, mais sa demande de libération sous caution a été rejetée. Sa prochaine audition devrait se tenir le 9 novembre prochain.