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29 septembre 2020

Chine : RSF appelle l'Union européenne à conditionner la poursuite des négociations d’investissement à la libération de l’éditeur suédois Gui Minhai

PHOTO: EUROPEAN COUNCIL
Reporters sans frontières (RSF) appelle l’Union européenne à faire preuve de fermeté en ce qui concerne la liberté de la presse en exigeant de la Chine la libération de l’éditeur suédois Gui Minhai comme préalable à la poursuite des négociations sur l’investissement.

Durant le sommet virtuel entre l'Union européenne (UE) et la Chine le 14 septembre dernier, Charles Michel, président du Conseil européen, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et la chancelière Angela Merkel, représentante à la présidence allemande du Conseil de l’Union Européenne, ont fait preuve d’une certaine fermeté avec le président Xi Jinping dans leurs discussions relatives au futur accord sur les investissements.


Reporters sans frontières (RSF) appelle l'Union européenne à montrer désormais la même fermeté en ce qui concerne la liberté de la presse en imposant la libération de l'éditeur suédois Gui Minhai, le fondateur d'une maison d'édition hong kongaise connue pour ses enquêtes sur les dirigeants chinois, comme préalable à la poursuite des négociations.


« La démocratie et le respect des droits humains, y compris la liberté de la presse, sont les valeurs fondamentales sur lesquelles l'Union européenne s'est construite et elles doivent être défendues face aux régimes autoritaires, insiste Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l'Est de Reporters sans frontières (RSF). « Si l'Union européenne ne montre pas plus de fermeté vis-à-vis du régime chinois, elle lui donne implicitement le droit de kidnapper et de détenir en toute impunité ses ressortissants dont les activités journalistiques lui déplaisent. »


Près de cinq ans se sont écoulés depuis la disparition en Thaïlande de Gui Minhai et sa réapparition pour une confession à la télévision publique chinoise quelques mois plus tard. En février 2020, l'éditeur de 55 ans a été condamné à dix ans de prison sous l'accusation de « diffusion illégale à l’étranger d’informations classées »  en dépit de graves problèmes de santé. 


RSF a appelé à plusieurs reprises à la libération de Gui Minhai et a soumis son cas au groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire. Le 15 novembre 2019, il a reçu le prix Tucholsky décerné par l’ONG PEN Suède, une association qui défend la liberté d'expression.


La Chine est la plus grande prison au monde pour les journalistes et défenseurs de la liberté de la presse avec au moins 118 détenus dans des conditions qui laissent souvent craindre pour leur vie et stagne au 177e rang sur 180 pays dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2020.