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31 juillet 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Censure d'une émission de télévision : Reporters sans frontières dénonce une décision "anachronique"


Reporters sans frontières proteste contre l'interdiction faite à la chaîne publique Televisión Nacional de Chile (TVN) de diffuser l'émission "Enigma", suite à une plainte pour "atteinte à l'honneur". "Il s'agit d'un cas de censure totalement anachronique", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. "Nous appelons les autorités chiliennes à abroger les dispositions législatives qui rendent encore possible ce type de décision afin de rendre la législation chilienne conforme à la Constitution du pays et aux engagements internationaux pris par le Chili", a ajouté l'organisation. La censure est expressément interdite par l'article 13 de la Convention américaine des droits de l'homme. Y compris dans des cas d'atteinte à la réputation d'autrui, cet article ne retient que "des responsabilités ultérieures". L'interdiction de la censure est également inscrite dans la Constitution chilienne dont l'article 19 (12) garantit "la liberté d'émettre des opinions et d'informer sans censure préalable". Le 23 juillet 2003, la diffusion du premier enregistrement de l'émission "Enigma" sur la chaîne TVN, a été interdite sur décision de la cour d'appel de Santiago. L'émission portait sur l'assassinat de l'avocat Patricio Torres Reyes. Un recours avait été présenté par la veuve de l'avocat. D'après elle, le documentaire porte atteinte à la dignité et à l'honneur de sa famille. Selon le producteur Patricio Polanco, l'émission, qui met en doute la culpabilité de l'un des auteurs présumés de l'assassinat, n'a été visionnée ni par le plaignant et ses avocats, ni par les juges en charge de l'affaire.