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10 juillet 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Censure de sites Internet jugés blasphématoires


Cinq sites Internet ont été arbitrairement fermés par les autorités italiennes suite à la plainte pour "blasphème" du quotidien du Vatican L'Osservatore Romano. La page d'accueil des sites www.bestemmie.com et www.porcamadonna.com a été remplacée par le message suivant : "Site saisi par le commandement des unités spéciales de la garde des finances de Rome sur décret du procureur de la République de Rome". Trois autres sites auraient été également censurés. Reporters sans frontières a protesté contre ces actes de censure auprès du ministre italien de l'Intérieur, Giusepe Pisanu, dans un courrier qui lui a été adressé le 10 juillet 2002. "L'Internet est un espace de liberté, et le mauvais goût n'y est, jusqu'à preuve du contraire, pas interdit. Sans cautionner en aucune façon le contenu de ces sites, nous mettons en garde, une fois encore, contre la tentation de la censure et du contrôle de l'Internet. La liberté d'expression est une garantie de l'avenir démocratique de nos sociétés", a notamment écrit Robert Ménard. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, la Guardia di Finanza, service italien de police et de répression des fraudes, a procédé à la "saisie", après une enquête de deux ans, de cinq sites Internet spécialisés dans les "blasphèmes". Les sites sont accusés de violation des articles 403 et 404 du code pénal (offense à la religion d'Etat), 640 (fraude informatique), 528 (publication de spectacles obscènes) et 529 (actes et objets obscènes). Dans un communiqué diffusé le 9 juillet, la Guardia di Finanza dénonce la présence sur ces sites de "propos d'une forte vulgarité, d'images de sexe extrêmes et d'expressions d'agressivité gratuite".