Actualités

17 mars 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Boycott inacceptable de la radio-télévision publique par le Premier ministre Milorad Dodik


Reporters sans frontières condamne l’appel au boycott général de la radio-télévision fédérale publique (FTV) par le Premier ministre de la Republika Srpska (RS), Milorad Dodik. Dans une note interne confidentielle datée du 3 mars 2010, mais qui circule publiquement depuis le 14 mars, Milorad Dodik demande à l'ensemble des représentants de la communauté serbe de Bosnie de ne pas répondre aux sollicitations de la FTV. Il exige d'eux la suspension de toutes les campagnes de publicité et des relations économiques qui pourraient les lier à la chaîne d’information nationale. Milorad Dodik reproche à FTV une couverture médiatique « orientée et faussée ». « Si le boycott économique d’un média est déjà en soi inacceptable, celui de la chaîne d’information nationale par les autorités publiques est proprement scandaleux. Il constitue non seulement une sérieuse atteinte à la liberté de la presse, mais aussi une violation flagrante du Freedom of Information Act (FOIA) de 2001 », a déclaré Reporters sans frontières. « Dans un contexte économique difficile pour l’ensemble des médias, et au vu de l’importance financière que constitue la publicité institutionnelle, les mesures de rétorsion économique envisagées par Milorad Dodik constituent un véritable chantage. L’indépendance de la radio-télévision fédérale doit être absolument garantie. FTV n’est pas un organe de propagande ou de communication à la disposition d’une communauté particulière ou d’un gouvernement. Si le Premier ministre, Milorad Dodik, veut faire part de ses éventuels désaccords sur la couverture médiatique de FTV ou sur ses choix éditoriaux, il peut toujours recourir à l’Agence de régulation des communications (RAK) qui dispose en théorie des mandats nécessaires », a ajouté Reporters sans frontières. En 2007, Milorad Dodik avait déjà appelé au boycott, visant alors la chaîne publique nationale BHT1, décrite à l’époque comme « politisée, malicieuse et totalement non professionnelle ».