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10 novembre 2021 - Mis à jour le 12 novembre 2021

Birmanie : condamné à onze ans de prison, le journaliste américain Danny Fenster risque la perpétuité

Un mouvement international de soutien s'est développé en ligne pour exiger la libération de Danny Fenster (image : bringdannyhome.com / RSF).
Visé par deux nouvelles charges, dont l’une pour “terrorisme”, Danny Fenster, emprisonné depuis 170 jours dans une prison de la junte birmane, risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité. Reporters sans frontières (RSF) exige sa libération immédiate et inconditionnelle.


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Actualisation - 12 novembre 2021


Au terme d’un procès expéditif, tenu à huis-clos dans l'enceinte de l'établissement pénitentiaire d’Insein, à Rangoun, Danny Fenster a été condamné, vendredi 12 novembre, à onze ans de prison. 


Le journaliste a été reconnu coupable de trois chefs d'accusation : incitation à la dissidence, association illégale et violation de la loi sur l'immigration. En plus de cette peine, il risque toujours la prison à vie, depuis l’ouverture d’une procédure parallèle, mercredi 10 novembre, par le parquet de Rangoun, qui l’accuse de “sédition” et de “terrorisme”.


RSF dénonce une sentence extrêmement choquante, à l’image du sort funeste que les généraux de la junte réservent aux journalistes et à celles et ceux qui se battent pour une information libre.


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Le journaliste états-unien Danny Fenster, rédacteur en chef du magazine Frontier Myanmar, s’est vu notifié aujourd’hui, ce mercredi 10 novembre, deux nouveaux chefs d’accusation déposés par le parquet de Rangoun pour “sédition” et “terrorisme”, selon les termes de de l'article 124.a du code pénal et de l'article 50.a de la loi antiterroriste. Cette dernière disposition prévoit une peine de prison à vie. 


Arrêté le 24 mai 2021, alors qu’il s’apprêtait à prendre un avion vers les États-Unis, Danny Fenster avait, dans un premier temps, été inculpé d’atteinte aux intérêts de l'armée, selon les termes de l’article 505.a du code pénal, utilisé par la junte pour incarcérer tous les journalistes interpellés par les militaires. 


Un second chef d’inculpation, pour association illégale, a ensuite été ajouté le 4 octobre sur l’acte d’accusation. A peine un mois plus tard, le mercredi 3 novembre, une troisième charge d’"immigration illégale" était portée contre lui.


Avec cinq chefs d’accusation, dont l’un qui peut lui valoir de finir ses jours au fond d’une geôle birmane, le traitement réservé par la junte à Danny Fenster relève clairement de l’acharnement, dénonce remarque le responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF, Daniel Bastard. Le journaliste paie le prix de son engagement en faveur d’une presse libre en Birmanie. Nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle.


En réponse aux deux nouveaux chefs d’accusation portés contre le journaliste, la diplomatie états-unienne a également appelé à sa libération immédiate, ajoutant que “son maintien en détention est inacceptable”. Les officiels de la junte birmane n’ont pas commenté l’information. 


Le coup d'État militaire du 1er février 2021 a entraîné une vague sans précédent d’arrestations de journalistes. Selon les chiffres de RSF, en date du 10 novembre, plus de 100 journalistes ont été arrêtés depuis l’arrivée au pouvoir de la junte. Actuellement,  47 professionnels des médias sont actuellement maintenus en détention.


La Birmanie occupe la 140e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021.