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17 novembre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Au moins sept journalistes agressés lors d’une manifestation pour réclamer la vérité sur le cas des 43 étudiants disparus


Les manifestations pour réclamer la vérité sur la disparition des 43 étudiants ont dégénéré après l’annonce, le 7 novembre 2014, de leur probable assassinat. Au moins sept journalistes ont été agressés devant le siège du parti gouvernemental à Chilpancingo, la capitale de l’État de Guerrero (sud-ouest du Mexique). Le 11 novembre, au moins sept journalistes ont été agressés par les forces de l’ordre dans des heurts entre la police et les manifestants à Chilpancingo. Ils couvraient l’éviction de manifestants qui avaient incendié le siège du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI). Le journaliste Carlos Navarrete Romero du quotidien El Sur Acapulco a raconté à Reporters sans frontières que des policiers l’avaient attaqué avec des jets de pierres et roué de coups alors qu’il était bien identifié comme journaliste. Pour avoir essayé de défendre leur collègue, les photographes Sebastián Luna du quotidien Vértice, et Anwar Delgado Peralta du quotidien El Universal, ont subi le même sort. Le photographe Jesús Eduardo Guerrero Ramírez de l’Agence France Presse et les journalistes Rosario Garcia d’ El Financiero, Jose Antonio Belmont et Alejandro Cardona du Milenio figurent aussi parmi les blessés. Tous témoignent de la difficulté croissante de couvrir des manifestations. Le 12 novembre dernier, des journalistes de médias locaux et internationaux ont manifesté devant le Palais du gouvernement, à Chilpancingo, pour demander la fin des attaques contre la presse. La banalisation de la violence à l’égard des professionnels des médias dans l’exercice de leurs fonctions est d’autant plus inquiétante que d’après la Commission nationale des droits de l’homme, 89% des exactions commises à l’encontre des journalistes restent impunies. “Reporters sans frontières exhorte les autorités fédérales et celles de Guerrero à condamner fermement les agressions à l’encontre des journalistes, déclare Claire San Filippo, responsable du bureau Amériques de l’organisation. La police et les manifestants doivent respecter le travail d’information des journalistes lors des manifestations. En conformité avec la résolution des Nations unies adoptée en mars 2014, les autorités doivent accorder une attention particulière à leur sécurité dans ce contexte.” Depuis le 26 septembre 2014, le Mexique est le théâtre de rassemblements populaires pour protester contre l’inaction de l’Etat dans le cas de la disparition de 43 étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa, dans l'Etat du Guerrero. Les aveux de narcotrafiquants ont accrédité la thèse d’un massacre avec la complicité des autorités locales et de la police. Les manifestations ont alors pris une tournure violente cristallisant la colère des Mexicains face à la violence, à la collusion entre autorités et crime organisé et à l’impunité généralisée. Le Mexique se situe à la 152ème place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.