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25 août 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Assassinat d’un neuvième journaliste depuis le début de l’année, pour un motif encore indéterminé


Le corps sans vie d’Israel Zelaya Díaz, membre du Collège des journalistes du Honduras et animateur d’une émission diffusée par la Radio Internacional à San Pedro Sula, a été découvert le 24 août 2010. Cet assassinat porte à neuf le nombre de professionnels des médias honduriens assassinés depuis le début de l’année 2010. Le mobile du crime reste à déterminer comme dans la plupart des autres affaires. Mais le fait que les causes de cet assassinat soient encore inconnues ne doit pas servir de prétexte à écarter d’emblée la piste professionnelle ou politique, comme les autorités ont coutume de le faire depuis le coup d’État du 28 juin 2009, aux conséquences tragiques pour la liberté de la presse . Justice n’a jamais été rendue dans l’hécatombe dont est victime la presse hondurienne depuis quatorze mois. Nous demandons, en l’occurrence, que ces pistes d’enquête soient explorées en priorité. Le cadavre d’Israel Zelaya Díaz a été localisé en bordure d’un champs de canne à sucre, près de la localité de Villanueva, au sud de San Pedro Sula. D’après les premières constatations, la victime a été abattue de trois balles dans la tête. Ses effets personnels et son argent n’ont pas été dérobés, ce qui exclut de fait le mobile crapuleux. Israel Zelaya Díaz avait entamé sa carrière au début des années 1960, collaborant notamment aux deux des plus importantes radios du pays, HRN et Radio América, ainsi que pour le quotidien La Tribuna. Son domicile avait été ravagé par un incendie criminel au début de cette année. Cet assassinat maintient le Honduras, avec le Mexique, au rang de pays le plus dangereux du continent pour la sécurité des journalistes et parmi les plus dangereux de la planète. Pour l’heure, un seul journaliste figure dans la liste des journalistes tués pour leurs activités professionnelles, établie par Reporters sans frontières : Nahum Palacios Arteaga, directeur de l’information de la chaîne Televisora de Aguán-Canal 5, abattu le 14 mars dernier après de graves menaces attribuées à l’armée. La répression et les menaces n’ont jamais cessé envers les rédactions opposantes au coup d’État. Par ailleurs, un autre collègue, David Meza Montesinos, employé de la chaîne Abriendo Brecha et de la station El Patio, aurait payé de sa vie, le 11 mars dernier, d’avoir dénoncé les activités du crime organisé dans sa région.