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3 octobre 2016 - Mis à jour le 4 octobre 2016

Assassinat du reporter néerlandais en Libye : RSF demande la mise en place d’un mécanisme de protection pour les journalistes

L’assassinat de Jeroen Oerlemans, journaliste néerlandais fauché par un tir de sniper de l’Etat islamique à Syrte et celui quelques mois plus tôt du photoreporter libyen Abdelkader Fassouk démontrent une nouvelle fois l’urgence de protéger davantage les journalistes. Reporters sans frontières (RSF) appelle à la création d’un représentant spécial auprès des Nations unies, pour que ce crime, comme tant d’autres, ne reste pas impuni.

Encore un journaliste qui tombe en Libye sous les balles au nom du droit à l’information, déplore Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de l’organisation. Au vu de la situation politique et sécuritaire extrêmement complexe dans le pays, cet assassinat qui vient s’ajouter aux neuf autres commis depuis 2011 risque fortement de rester impuni. L’existence d’un mécanisme d’alerte tel que celui proposé par RSF au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pourrait-il changer les choses?”.


Selon des témoins oculaires, Jeroen a été touché à la poitrine alors qu’il portait un gilet pare-balles, mais une balle a tout de même réussi à se loger à côté du coeur en passant par son flanc.


Je suis atterrée par cette nouvelle, déclare à RSF Joanie de Rijke, journaliste néerlandaise, collaboratrice de Oerlemans pour ce reportage et actuellement à Tripoli en attendant le rapatriement du corps, Jeroen était un homme formidable. Depuis plusieurs années que nous collaborons ensemble, il a toujours fait preuve d’un professionnalisme à toute épreuve. C’est une grande perte pour toute la profession”.


Oerlemans a couvert la majorité des conflits armés dans le Moyen-Orient ces 10 dernières années, il a été capturé par des djihadistes le 19 juillet 2012 dans le nord de la Syrie, avec le photographe et correspondant de guerre britannique John Cantlie. Ils ont finalement été libérés par l'Armée syrienne libre le 27 juillet 2012.


En juin 2016, des organisations et des journalistes ont lancé un appel pour la création d’un Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la sécurité des journalistes, proposition initiée par Reporters sans frontières (RSF). L’objectif étant de mettre en place un mécanisme concret d’application du droit international, qui permette enfin de réduire le nombre de journalistes tués chaque année dans l’exercice ou en raison de leurs fonctions.


La Libye est 164e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF en 2016.