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19 juin 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Assange reclus depuis deux ans à l’ambassade équatorienne à Londres


Depuis deux ans, Julian Assange vit reclus dans l’ambassade équatorienne au Royaume-Uni, sous surveillance permanente de la police. Le fondateur de WikiLeaks, qui fait l’objet d’une procédure aux Etats-Unis redoute une extradition dans ce pas où il risque la peine de mort.
Voilà deux ans que Julian Assange vit enfermé à l’ambassade équatorienne à Londres, or l’imbroglio diplomatique autour du fondateur de WikiLeaks ne semble pas se démêler. Peu après la publication de documents confidentiels américains en 2010, la justice suédoise a engagé une procédure contre son fondateur pour “agression sexuelle”. Basé à Londres, Julian Assange s’est réfugié à l’ambassade équatorienne quand la justice britannique a donné son feu vert à l’extradition. Il a par la suite sollicité en 2012 l’asile politique auprès des autorités équatoriennes, qui ont fini par lui accorder deux mois après son installation à l’ambassade. Procédure inique aux États-Unis En réalité, si Julian Assange fait toujours l’objet d’une demande d’extradition vers la Suède, le fondateur de WikiLeaks redoute surtout d’être extradé vers les Etats-Unis où il fait l’objet d’une enquête lancée en 2010 par le département de la Justice et le FBI. Cette enquête, frappée du sceau du secret porte sur des activités “criminelles” liées à la “sécurité nationale”. A ce titre, il risque la peine de mort, comme le prévoit le Code des États-Unis. “Le premier amendement de la Constitution américaine garantissant le droit de collecter et de publier des informations, Julian Assange ne devrait pas faire l’objet d’une enquête. L’administration Obama est entrée en guerre contre WikiLeaks, or les publications de l’organisation d’Assange relèvent de l’intérêt général”, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. La Suède doit renoncer à une extradition de Julian Assange vers les États-Unis… le Royaume-Uni aussi La Suède a la possibilité de renoncer à l’extradition de Julian Assange par l’intermédiaire de son gouvernement, qui dispose d’un droit de veto sur les extraditions. Rappelons que l’extradition de Julian Assange, si elle était prononcée, serait illégale, puisque les extraditions pour motifs politique ou militaire sont exclues de la convention d’extradition liant la Suède et les États-Unis (article V.5). Dans tous les cas, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) après l’affaire Soering c. Royaume-Uni en 1989 empêche la Suède et le Royaume-Uni d’extrader un individu dans un pays où il risquerait la peine de mort. En conclusion, l’essentiel, c’est que le gouvernement suédois s’engage à respecter le droit, c’est-à-dire à ne pas donner suite à une demande d’extradition des États-Unis.