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29 avril 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Appel à la libération du blogueur Ángel Santiesteban-Prats, emprisonné depuis deux mois


Reporters sans frontières appelle les autorités cubaines à libérer au plus vite Angel Santiesteban-Prats, écrivain et auteur du blog Los hijos que nadie quiso, emprisonné depuis le 28 février 2013. Actuellement en grève de la faim, le prisonnier a été placé en cellule d’isolement à l’issue d’un transfert, au début de ce mois.

“Le jour même où les autorités accédaient à la demande de libération du journaliste dissident Calixto Ramón Martínez Arias, Angel Santiesteban a été transféré à la prison 1850 et soumis à un régime de sévérité maximum. Cette détention est à la fois absurde et cruelle. Croyant faire un exemple, les autorités ne pourront jamais empêcher l’expression pluraliste au sein de la population. Angel Santiesteban-Prats doit être libéré sans délai”, a déclaré Reporters sans frontières, qui n’en appelle pas moins le blogueur à cesser sa grève de la faim.

“Porté en janvier 2013 à la présidence annuelle de la Communauté des États-latinoaméricains et caribéens, le gouvernement cubain tarde à honorer ses engagements internationaux en matière de droits de l’homme et de libertés fondamentales. Les pays membres de la CELAC doivent le rappeler à cette exigence”, a ajouté l’organisation.

Transféré le 9 avril dernier à la prison 1850 de San Miguel del Padrón (La Havane), le blogueur a entamé une grève de la faim peu de temps après son arrivée, avant d’être placé à l’isolement dans une cellule, sans lumière ni eau. Seulement autorisé à parler quelques minutes par jour au téléphone, il a dénoncé, le 22 avril, avoir été violenté par les gardiens de sa prison. Le tenant immobile, ceux-ci l’ont forcé à ingurgiter avaler un liquide pestilentiel qui l’a rendu malade.

Angel Santiesteban-Prats a été condamné à cinq ans de prison, le 8 décembre 2012, officiellement pour “violation de domicile et lésions”, à l’issue d’un procès expéditif. Lauréat de plusieurs prix littéraires majeurs, il avait été arrêté à plusieurs reprises avant sa comparution, en raison de ses parti-pris politiques. Les persécutions à son encontre avaient redoublé depuis la création de son blog, indépendant et critique envers le gouvernement.

Outre Angel Santiesteban-Prats, Cuba compte un autre acteur de l’information emprisonné en la personne de Luis Antonio Torres, employé du quotidien d’État Granma incarcéré en 2011 et condamné en juillet dernier à quatorze ans de prison pour des charges d’“espionnage” jamais étayées. Pour lui aussi, Reporters sans frontières demande une libération rapide.