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16 juin 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

19 Juin : Prix Cyberliberté Reporters [email protected] frontières - Globenet 2003


Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, et Erick Aubourg, directeur de Globenet, ont le plaisir de vous inviter à la remise du premier Prix Cyberliberté.
Au moins 49 cyberdissidents sont actuellement derrière les barreaux pour avoir simplement voulu exercer leur métier. Parce qu'emprisonner, c'est éliminer un témoin essentiel et menacer le droit de chacun à l'information, Reporters sans frontières a choisi de récompenser un cyberdissident empêché de nous informer via Internet. L'organisation de défense de la liberté de la presse et Globenet remettront le premier Prix Cyberliberté à un internaute qui, par son activité professionnelle ou ses prises de position, a su témoigner de son attachement à la liberté de l'information sur le Réseau, le jeudi 19 juin 2003 à 9 heures. Merci de confirmer votre présence avant le 17 juin 2003 par e-mail à [email protected] ou par téléphone au 01 44 83 84 72. Jeudi 19 juin Parution du rapport 2003 de Reporters sans frontières

INTERNET SOUS SURVEILLANCE

Les entraves à la circulation de l'information sur le réseau - Parallèlement à la remise du premier Prix Cyberliberté, Reporters sans frontières publie, le 19 juin, la deuxième édition de son rapport Internet. Il recense les entraves à la circulation de l'information sur la Toile constatées entre le printemps 2001 et le printemps 2003 dans 60 pays (164 pages, 10 euros). Publié avec le concours du ministère des Affaires étrangères, de la Fondation Hachette et grâce au soutien de la Caisse des dépôts et consignations, l'ouvrage traite aussi bien des pays autoritaires, qui cherchent à censurer totalement le Réseau, que des démocraties occidentales qui, par peur de ne plus le maîtriser, multiplient les tentatives d'encadrement législatif. Le jeudi 19 juin 2003 à 9 heures Merci de confirmer votre présence par téléphone au 01 44 83 84 72 ou par mail à [email protected] " Internet est l'un des vecteurs les plus solides de la liberté. Il offre la vérité à ceux qui veulent la voir et l'entendre. On ne s'étonnera donc pas que certains gouvernements et organismes craignent Internet et sa capacité à faire connaître la vérité." Vinton G. Cerf Si le nombre d'internautes chinois double pratiquement tous les six mois, et celui des sites tous les ans, cette croissance fulgurante de la Toile s'accompagne d'un effort de contrôle, de censure et de répression à la mesure de cette dynamique. Lois liberticides, cyberdissidents emprisonnés, sites bloqués, surveillance des forums de discussion, cybercafés fermés, en Chine, toute la panoplie répressive est utilisée pour museler le Réseau. Arrestations de cyberdissidents, blocage de l'accès aux sites jugés "politiquement ou culturellement incorrects", contrôle des courriers électroniques… bien que peu développé au Viêt-nam, Internet est toujours sous la coupe du Parti communiste. Le gouvernement d'Hanoi semble reproduire à la lettre le modèle chinois de contrôle du Réseau. Avec un accès soumis à autorisation et un rationnement des équipements nécessaires, Internet à Cuba apparaît comme un phénomène limité et sous haute surveillance. Les équipements nécessaires, y compris les plus récents, ne sont disponibles que dans les magasins d'Etat spécialisés, accessibles uniquement aux personnes autorisées. Par ailleurs, le gouvernement a légiféré dès l'apparition d'Internet sur l'île. En juin 1996, le décret-loi 209, intitulé "Accès depuis la République de Cuba au réseau informatique global", précise que son utilisation ne peut se faire "en violation des principes moraux de la société cubaine ou des textes de loi du pays", et que les messages électroniques ne doivent pas "compromettre la sécurité nationale". En Tunisie, le discours officiel prône le développement rapide et une démocratisation exemplaire d'Internet. Cependant, les services de sécurité opèrent une surveillance implacable du cyberespace. Censure des sites, interception des e-mails, contrôle des cybercafés, arrestations et condamnations arbitraires sont le lot quotidien des internautes. Arrêté en 2002, le cyberdissident Zouhair Yahyaoui a été condamné à deux ans de prison. Au total, au 13 juin 2003, plus d'une cinquantaine d'internautes croupissaient en prison, dont les trois quarts en Chine. Si Internet est la bête noire des régimes autoritaires de tous poils, même dans nos bonnes vieilles démocraties, l'adoption de lois antiterroristes a renforcé le contrôle des autorités sur le réseau et mis à mal le principe de protection des sources journalistiques. C'est le cas notamment aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en France. Ce rapport traite de la situation d'Internet dans soixante pays, entre le printemps 2001 et le printemps 2003. Il est préfacé par Vinton G. Cerf, le "père" d'Internet. L'intégralité du rapport 2003 " Internet sous surveillance - Les entraves à la circulation de l'information sur le réseau " sera disponible en français et anglais dès le 20 juin sur le site de Reporters sans frontières www.rsf.org. Il sera possible de le télécharger au format pdf. On peut également en commander la version brochée à Reporters sans frontières, 5 rue Geoffroy-Marie, 75009 Paris (10 € + frais de port). 42 cyberdissents sont emprisonnés en Chine dont : Liu Di, détenue au secret Liu Di, 22 ans, a été arrêtée sur le campus de l'université de Pékin, le 7 novembre 2002, à la veille de l'inauguration du seizième Congrès du Parti communiste chinois. Depuis, elle est détenue au secret par le département de la sécurité publique. Etudiante en psychologie, La "souris inoxydable" - c'est son pseudonyme sur Internet - avait encouragé les internautes à "ignorer la propagande du régime chinois" et à "vivre en toute liberté". Huang Qi condamné à cinq ans de prison Créateur du site Internet www.tianwang.com, Huang Qi a été arrêté à son domicile, le 3 juin 2000, par des hommes de la sécurité publique. Il a attendu près de trois ans avant d'apprendre qu'il était condamné à cinq ans de prison pour "subversion" et "incitation au renversement du pouvoir de l'Etat". Lors du simulacre de procès qui s'est tenu à huis clos en août 2001, le cyberdissident, épuisé par les interrogatoires et les conditions de détention, portait les marques de coups infligés par ses gardiens. 3 cyberdissidents sont emprisonnés aux Maldives dont : 5Ahmad Didi condamné à 25 ans de prison Ahmad Didi, âge de 50 ans, était un homme d'affaires prospère. Il avait même postulé à un poste de député. Mais avec trois autres personnalités des Maldives, il a lancé Sandhaanu, diffusé sur Internet. Le président des Maldives a ordonné leur arrestation en janvier 2002. En juillet, ils ont été condamnés à une peine de vingt-cinq ans de prison pour avoir "insulté le Président " et avoir tenté de "renverser le gouvernement (…) en créant un bulletin d'informations dénommé Sandhaannu". Depuis l'annonce de la sentence, les autorités ont refusé tout pourvoi en appel aux prisonniers. Et ces derniers n'ont toujours pas d'avocats pour les défendre. 5 cyberdissidents sont emprisonnés au Viêt-nam dont : Le Chi Quang condamné à quatre ans de prison Le Chi Quang, diplômé en chimie et en droit, âgé de 32 ans, a été arrêté le 21 février 2002 dans un cybercafé d'Hanoi par un policier en civil se faisant passer pour un internaute. Il a été condamné, le 8 novembre 2002, à quatre ans de prison ferme pour avoir publié sur Internet des articles critiques à l'égard du régime communiste. Bien que le cyberdissident souffre d'insuffisance rénale, le tribunal d'Hanoi a récemment refusé sa libération pour "raison médicale". 1 cyberdissident est emprisonné en Malaisie : Hishamuddin Rais condamné à deux ans de prison Hishamuddin Rais, collaborateur du journal en ligne Malaysiakini.com, a été arrêté, le 10 avril 2001, en compagnie de cinq opposants qui préparaient l'organisation d'une manifestation devant la Commission nationale des droits de l'homme. Le journaliste indépendant, connu pour ses articles très critiques, a été condamné, sans procès, à deux ans de prison en vertu de la loi sur la sécurité intérieure. Les autorités lui reprochent, ainsi qu'aux autres détenus, d'avoir "tenté de renverser le régime". 1 cyberdissident est emprisonné en Tunisie : Zouhair Yahyaoui condamné à deux ans de prison En juillet 2001, jeune diplômé au chômage et passionné d'Internet, Zouhair Yahyaoui lance, depuis la Tunisie, un site d'informations. Le 4 juin 2002, il est arrêté par une dizaine de policiers en civil dans un cybercafé de la banlieue de Tunis. Interrogé, peu après, par des membres de la Direction de la Sûreté d'Etat (DES, qui dépend du ministère de l'Intérieur), le cyberdissident révèle le mot de passe du site. Il est également torturé. Le 10 juillet, au terme d'un procès expéditif, il est condamné, en appel, à deux ans de prison pour " propagation de fausses nouvelles ". Depuis le début de l'année 2003, Zouhair Yahyaoui a entamé trois grèves de la faim. Et à partir du 20 Juin, l'intégralité du rapport est : - consultable sur www.rsf.org - téléchargeable au format .pdf - Version brochée disponible sur commande (10 euros + frais de port).